Paracha et Haftara Bo -2

Parachath Bo – La peine de « retranchement » (kareth)

Quiconque mange de ce qui est levé, cette âme-là sera retranchée de la communauté d’Israël » (Chemoth 12, 19).

Parachath Bo – La peine de « retranchement » (kareth)

 

« Quiconque mange de ce qui est levé, cette âme-là sera retranchée de la communauté d’Israël » (Chemoth 12, 19).

 

Cette peine de « retranchement » (kareth) a donné lieu à de multiples commentaires. Selon Rachi (ad Berèchith 12, 19), Rambam/Maïmonide (Hilkhoth techouva 8, 1) et Rabbeinou Yona (Cha‘arei techouva, cha‘ar chelichi 107-125), elle consiste en une mort prématurée de celui qui a enfreint la loi, ce qui écarterait toute possibilité, pour le pécheur comme pour son environnement, d’en retenir quelque leçon que ce soit.

 

A retenir en particulier l’enseignement suivant de Rambam : « Il n’existe pas de plus grande vengeance que celle qui consiste à retrancher une âme […] C’est la perdition que les prophètes (Psaumes 55, 24 ) appellent métaphoriquement le “puits de la destruction” […] Elle consiste en une annihilation dont on ne se remet pas, en une perte qui ne sera jamais réparée » (Hilkhoth techouva 8, 5).

 

D’autres auteurs, comme Rabbeinou Yona et Abarbanel, insistent en revanche sur le caractère dissuasif de la peine de kareth. Celui sur lequel plane la menace de sanctions s’abstient de violer la loi, et plus sévère est cette menace plus forte est cette dissuasion, ce qui signifie que dès l’âge de cinquante ans, qui est celui à partir duquel elle peut frapper (Mo‘ède qatan 28a), on sera découragé de récidiver.

 

Pour Abarbanel (ad Bamidbar 15, 30), cette punition constitue en réalité un « cadeau » octroyé au pécheur, car elle lui offre la possibilité d’amender son âme, qui a été souillée par ses fautes. « Après avoir reçu sa punition, écrit-il, son âme bénéficiera à nouveau de plaisirs et de délices. » On retrouve ici l’esprit de ce que nous annonce la Guemara (Yoma 86a) : « Grand est le repentir qui nous rapproche du trône de Sa gloire, ainsi qu’il est écrit : “Reviens, Israël, vers Hachem, ton Dieu, car tu es tombé par ton iniquité” (Osée 14, 2).

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Haftarath parachath Bo – Israël et l’Egypte

 

Les événements que décrit cette haftara (Jérémie 46, 13 à 28) témoignent, comme l’explique Radaq, de l’animosité historique qui a, de tous temps, opposé l’Egypte à Israël.

 

Les relations entre ces deux peuples ont connu, il est vrai, une longue période de calme après la sortie des Hébreux d’Egypte et le passage de la mer Rouge, au point que Salomon épousa une fille du Pharaon (I Rois 3, 1). Cette union a cependant été considérée comme l’une des causes de la décadence de la dynastie davidique de même que du schisme des royaumes d’Israël et de Juda.

 

Le règne de Roboam, fils de Salomon, fut marqué par une invasion égyptienne. Le roi Chichaq envahit Jérusalem et s’y empara des trésors de la maison du roi (I Rois 14, 25 et II Chroniques 12, 2).

 

Plus tard, à la mort du roi Josias, son fils Joa‘haz monta sur le trône de Juda, mais il ne régna que pendant trois mois. Le Pharaon Nékao le fit enchaîner et le déporta en Egypte, où il mourut (II Rois 23, 31 et suivants ; II Chroniques 36, 1 et 2).

 

Le Pharaon couronna à sa place son frère Eliakim, vingt-et-un ans avant la destruction du Temple, et changea son nom en celui de Yehoyaqim (II Rois 23, 34), comme pour marquer encore davantage sa suzeraineté sur le royaume de Juda.

 

Après la bataille de Karkemish, où les Babyloniens triomphèrent de l’Egypte, Yehoyaqim cessa de payer tribut à ce pays et se rangea parmi les vassaux de Babylone. Cependant, trois ans plus tard, par un nouveau renversement des alliances, il fit de nouveau allégeance à l’Egypte, mais n’en obtint pour appui qu’un « appui de roseau » (Ezéchiel 29, 6), s’attirant de surplus l’hostilité, puis les représailles, de Nabuchodonosor. C’est à la suite de cette trahison qu’a été détruit le premier Temple (Voir II Rois 24, 1 et suivants).

 

Jacques KOHN.