Chavouot

Chavouot

Le jour du Don de la Torah



Les discours de Rav Chalom Schwadron zatsal (1912-1997)
étaient réputés pour être incisifs et pleins d’effervescence, en
particulier ceux qu’il prononça pendant plus de 40 ans dans la
vieille synagogue « Zikhron Moché » à Jérusalem. Dans l’un
d’eux, il raconta cette intéressante discussion avec la vivacité
qui le caractérisait…

« QUELQUES JOURS avant la fête de Chavouot,
l’un de mes fidèles auditeurs s’était
présenté à moi, visiblement troublé
par mon propos. Certains principes du
judaïsme le laissaient manifestement perplexe
et il m’exposa son problème comme
un véritable réquisitoire :

Humain, trop humain?



DANS LE Traité talmudique Chabbat
(page 88/b), on peut lire : « Rabbi Yéhochoua
ben Lévy raconte : «Lorsque
Moché rabbénou s’éleva dans les hauteurs
célestes [pour y recevoir la Torah-Ndlr], les
anges s’exclamèrent devant le Saint Béni
soit-Il : Qu’est-ce que le rejeton d’une femme
[yéloud icha] vient faire ici, parmi nous ?!
- Il est venu chercher la Torah, leur répondit
le Tout-Puissant. - Et Tu comptes vraiment
donner à un homme, fait de chair et de
sang, un trésor que Tu as pourtant Toi-même
enfoui 974 générations avant que le monde
ne soit créé ?! N’est-il pas dit : ‘Qu’est donc
l’homme pour que Tu penses à lui ? Le fils
d’Adam pour que Tu le protèges ? (…) D.ieu,
notre Maître ! Que ton Nom est glorieux sur
toute la terre !’ (Psaume 8, 5-10). D.ieu se
tourna alors vers Moché et lui dit : Répondsleur
! - J’ai peur qu’ils ne me fassent brûler
vif avec le souffle de leur bouche !, répondit
Moché. - Accroche-toi à Mon trône de Gloire,
et défends-toi !, assura le Tout-Puissant,
comme il est dit : ‘Il se saisit de la face de
Son trône, en déroulant sur lui Sa nuée (Job,
26)’. Et Rav Na’houm ajouta : Cela est venu
nous enseigner que D.ieu a étendu les rayons
de sa Présence et Ses nuées au-dessus de
Moché» ».

Recevoir la Torah au féminin


Une langue raffinée

A l’aube des fiançailles du Saint
Béni soit-Il avec le peuple d’Israël
et quelques instants avant la
révélation de la Torah au mont Sinaï,
D.ieu interpelle son peuple de
la manière suivante : « Ainsi, tu
t’adresseras à la maison de Yaacov
et tu exposeras aux enfants
d’Israël : tels sont les mots que tu
prononceras aux enfants d’Israël »
(Chémot, 19, 3).

Erouv tavchiline


En cette année 2009/5769, la fête de Chavou‘oth sera précédée par l'accomplissement d'une mitswa supplémentaire : le ‘Erouv tavchiline ( עירוב תבשילין ). Etant donné, en effet, que cette fête tombe un vendredi (et en dehors d' Erets Yisraël un vendredi et un Chabbath ), on lui applique la règle suivante édictée dans la Michna Beitsa (voir Guemara 15b) : « Lorsqu'un jour de fête tombe un vendredi, on ne doit pas faire cuire de la nourriture en ce jour de fête pour le lendemain Chabbath . Mais on en cuit pendant la fête, et s'il en reste on pourra manger pendant Chabbath de ce que l'on aura préparé. » Et d'où tient-on cette règle, demande la Guemara  ? De ce qu'il est écrit, répond Chemouèl  : « Souviens-toi du jour du Chabbath pour le sanctifier. » Souviens-t'en car tu pourrais l'oublier (en ce jour de fête riche en bons plats [ Rachi ]). Ou bien, comme l'enseigne Rava , afin que l'on mette de côté un plat savoureux pour Chabbath comme on l'a fait pour la fête.

Notre intention, dans cet article, n'est pas d'énoncer les lois et les usages applicables à l'institution du ‘Erouv tavchiline , mais d'essayer de répondre à quelques-unes des questions que l'on s'est posées à son sujet.

Des semaines de sept jours


Lors de la Séfirat haOmer, la coutume a été prise de compter les jours
comme étant des semaines, quand nous disons par exemple : « Aujourd’hui
33 jours, qui sont 4 semaines et 5 jours… ». Or quel est l’apport de ce mode
de calcul ? C’est ce que nous nous proposons d’expliquer ici.

Deux types de temporalité

On peut lire en effet sous la plume
du Rambam, au Chapitre 7 et à
l’article 22 des Lois sur les sacrifices
quotidiens (Hilkhot Tmidim
ouMoussafim) : « C’est une mitsva
positive de compter 7 semaines entières
à partir du jour où l’Omer est
apporté, comme il est dit : «Vous
compterez le lendemain du Chabbat
». Et c’est une mitsva de compter
les jours avec les semaines, ainsi
qu’il est dit : «Vous compterez 50
jours» ». Tel est aussi l’avis du Rif
à la fin du Traité talmudique Pessa’him
(page 28), lui-même rapporté
en s’appuyant sur l’enseignement
du Traité talmudique Ména’hot
(page 66/a).